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23 octobre 2018

Stationnement
Mais comment font les autres ?


Alors que la Mairie, espérant ainsi désarmer les oppositions, entretient savamment l’incertitude quant au projet de la Brèche, les questions que celui-ci était censé résoudre restent entières et toujours en suspens. Attractivité, commercialité, stationnement, signalétique : tout ce qui semblait impératif et urgent lors du lancement du projet Cœur de ville est soudainement passé aux oubliettes. Pour ce qui concerne le stationnement, au moins, une solution simple, rapide, efficace, éprouvée et financièrement indolore serait pourtant à portée de main : la mise en place d’une zone bleue. Mais pour ce faire, il faudrait que les édiles reviennent à la réalité : ils sont à la tête d’une commune qui compte à peine 8.000 habitants…

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Le projet Brèche-Cœur de ville était présenté comme la panacée pour résoudre les problèmes d’attractivité, de commercialité et de stationnement diagnostiqués par les élus. Depuis qu’il a été suspendu, ces questions, qui étaient présentées comme cruciales, ont été mises sous le tapis.

Habituée au voisinage des grandes destinations de la vallée de la Loire, Chinon a-t-elle fini par se croire plus grosse qu’elle ne l’est ? Arrivant de L’Île-Bouchard, notre maire a-t-il mal pris ses repères ? On pourrait le croire quand on considère les entreprises pharaoniques lancées en fanfare en début de mandat et mise en sourdine – sinon en sommeil – depuis l’été 2016. Il est vrai qu’Azay ne fait que 3.000 habitants et quelques, Langeais un petit 4.000, Loches 6.500. Mais La Flèche, c’est déjà 15.000 habitants, Saumur 27.000, Châtellerault 30.000, Blois presque 48.000 personnes. Et les vieilles capitales provinciales qui l’entourent en triangle : Tours, Angers et Poitiers pèsent respectivement 135.000, 147.000 et 89.000 habitants.

Trouver sa jauge
Comparaison n’est pas raison, mais pour trouver sa jauge, Chinon doit se rabattre sur la trentaine de communes françaises qui tournent autour de 8.000 habitants, un panel qui l’amène à côtoyer, par exemple, des cités aussi célèbres que Venelles, Saint-Lys, Saint-Genis-Pouilly, Champagnole, Cappelle-la-Grande, Breuillet, Wingles, Macouria, Les Angles, Moyeuvre-Grande, Golbey, Saint-Grégoire, Romagnat, Linselles, Petit-Canal, Tournan-en-Brie, Notre-Dame-de-Gravenchon, Mana, Villeneuve-Tolosane, Lure ou Irigny.

D’autres voisinages du même calibres sont plus évocateurs, tels Remiremont, Les Andelys, Harfleur, Evian-les-Bains, Péronne, Honfleur, ou Avranches. On y trouve également La Grande-Motte et Le Grau-du-Roi mais celles-ci font figure d’anomalies dans le classement : avec 8.000 résidents permanents, la première accueille 120.000 estivants et voit passer chaque année 2 millions de touristes ; la seconde dépasse les 100.000 habitants l’été.

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Les élus du Chinonais ont-t-ils, à l’instar de la proverbiale grenouille, perdu leurs repères ? 

Si Chinon n’atteint pas ces sommets, elle est – heureusement – à la fois plus connue que Petit-Canal et plus courue que Saint-Genis-Pouilly. La “faute” à son histoire, à sa forteresse et – surtout – à ses vins, qui, à eux seuls, assurent la notoriété de la ville et portent la “marque”, au moins au niveau national.

Alors, dans la cour des 8.000, et pour ce qui concerne les petites cités comparables à la nôtre – un peu de notoriété, un peu de tourisme, quelques monuments – avec qui peut-on la comparer ?  Et en particulier pour ce qui concerne le stationnement, préoccupation numéro un des édiles chinonais, si l’on en juge par l’énergie, les délibérations et le budget qui lui sont consacrés.

 

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La mise en place d’une zone bleue, associée à des contrôles réguliers, permet de chasser les voitures ventouses, de diminuer les incivilités de stationnement, de répondre aux attentes du commerce et d’augmenter les places de stationnement. Une solution adaptée aux villes de la taille de Chinon : à peine 8.000 habitants.

Quand je me compare …
Aux Andelys, sous-préfecture de l’Eure aux confins de la Normandie et de l’Île de France, rendue célèbre et touristique par son Château-Gaillard et sa situation dans une jolie boucle de la Seine, pas de dispositif payant pour le stationnement : le site de la Mairie nous informe qu’une “large zone bleue et de nombreux espaces de stationnements minutes, préférables à l’installation de parcmètres, ont été créés pour permettre à chacun de pouvoir stationner pour faire ses achats ou autres activités quotidiennes”.

A Avranches, sous-préfecture de la Manche et porte d’entrée sur le Mont-Saint-Michel, le stationnement est “100% gratuit” depuis le 1er octobre 2015. Les parkings extérieurs ont été mis en valeur, avec indication de leur distance au centre-ville, où la zone bleue est applicable tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 18h, “pour que les riverains puissent se garer le midi et le soir”. La durée de stationnement autorisée est de 1h30 et la police municipale effectue deux contrôles à 1h30 d’intervalle : un premier pour vérifier les disques et relever les véhicules présents et un deuxième pour éviter les voitures ventouses. Si on souhaite rester plus de 1h30 en ville “il faut se garer un peu plus loin et marcher 5 min”. Comme partout ailleurs, la non utilisation du disque est sanctionnée par une amende forfaitaire de 17 euros.

A Péronne, sous-préfecture de la Somme lovée autour de son château, à deux pas des champs de bataille de la première Guerre mondiale et siège, depuis 1992,  de l’extraordinaire Historial de la grande Guerre, la solution choisie a également été la zone bleue.

Parmi cette short-list de cités des “8.000”, Honfleur, une des stations de bord de mer les plus proches de la région parisienne, est en fait la seule a avoir opté pour le stationnement payant. La Ville a choisi un opérateur, Urbis, qui propose un parking de 500 places, non couvert et payant tous les jours de la semaine, dès le premier quart dheure (0.60 €). L’heure est à 2.40 €, les 2h1/2 à 6 €. Le visiteur qui perd son ticket se voir facturer 14 €, l’abonné qui perd sa carte 20 €. Les commentaires des internautes sont d’ailleurs édifiants : “se garer à Honfleur est presque un luxe“, “prudence avec le parking“, “Honfleur est une ville qu’il faut visiter, mais quelle surprise ! Le stationnement est payant même le dimanche ou les jours fériés, pire qu’à Paris, et le prix est identique. Passer une journée pour visiter et se restaurer deviens hors de prix. Dommage, à ce rythme beaucoup de touristes irons voir ailleurs, comme à Blonville, plus accessible et moins onéreuse. J’espère pour les visiteurs que la ville modifiera sa politique de stationnement en la calquant sur les villes voisines moins tiroir-caisse“.

Les avantages de la zone bleue
La zone bleue est un système réglementaire qui autorise, en agglomération, le stationnement gratuit des véhicules pour une durée limitée. Depuis le 1er janvier 2012, un nouveau modèle de disque de stationnement, le même pour tous les États membres, a été adopté dans l’Union européenne. Le “disque européen” – compréhensible immédiatement par les touristes – mentionne uniquement l’heure d’arrivée et permet de moduler les horaires de stationnement en fonction des nécessités locales de rotation des véhicules. L’avantage de la zone bleue est la gratuité d’utilisation par rapport aux parcmètres ou autres horodateurs. Toutes les études faites dans les communes ayant adopté ce principe sont formelles : en moyenne chaque emplacement est occupé chaque jour par 10 véhicules différents. La zone bleue, en offrant plus de possibilités de stationnement, correspond aux attentes de commerçants et évite le stationnement sauvage ou anarchique. L’instauration de la zone bleue alliée à la surveillance de la voie publique sur le centre-ville permet de réduire les “incivilités de stationnement” et les risques qui y sont liés.

Il est certain que la mise en place d’une zone bleue reste moins spectaculaire que l’inauguration d’un parking à 12 millions d’euros. Elle constituerait cependant une solution beaucoup plus efficace, beaucoup plus populaire et beaucoup plus rapide à mettre en oeuvre, sans les nuisances du parking et sans modification du plan de circulation. Si les Chinonais n’ont le droit, une fois passées les Municipales, que d’assister muets aux conseils municipaux, il semblerait naturel que des membres du Conseil s’emparent de ce dossier et exigent – ou produisent – une étude alternative qui permettrait d’avancer concrètement.