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18 février 2020

Billet
Erreur sur la (ma)donne…


Jean-Luc Dupont a toujours eu du mal avec la laïcité. Le parfum d’encens qui l’accompagne date-t-il de son séjour prolongé à l’Île-Bouchard, où flotte encore dans l’air l’odeur de sainteté des apparitions mariales de 1947 ?

Toujours est-il que, depuis son arrivée à Chinon, on l’a vu, en sa qualité de Maire et en réunion publique, faire la retape [lire ici] pour la rénovation de la statue du Sacré-Cœur (monument confessionnel privé érigé sur un domaine privé), faire poser et inaugurer le marqueur indiquant aux touristes le “Corcovado chinonais” (“Batman” pour les esprits forts), co-présider à la bénédiction des cochons truffiers, et autoriser l’utilisation de la Chapelle Sainte-Radegonde pour un escape-game confessionnel.

La Chapelle Sainte-Radegonde : site touristique ou lieu de culte ? Selon la Paroisse, la réponse ne fait pas de doute.

C’est visiblement en concédant cette dernière faveur à l’Association Éducative et Sportive du Chinonais, bras “culturel” de la très “cultuelle” communauté Saint-Martin, qui mène tambour battant la paroisse, que le Maire de Chinon a fait le pas plus long que la jambe.

Fin septembre, comme il s’apprêtait à reconduire, pour 2019-2020, la convention qui autorisait depuis 2018 le patronage à occuper ponctuellement la Chapelle pour une animation estivale*, il s’est vu rétorquer qu’il y avait erreur sur la (ma)donne. Alors que la Ville, “favorable à cette action” [sic], souhaitait demander à l’Association Éducative et Sportive du Chinonais un droit d’usage, la Paroisse, arguant du lointain passé cultuel de Sainte-Radegonde,  a retourné la situation, et affirmé qu’elle a “toute légitimité à utiliser la chapelle et qu’il lui revient la décision de permettre à la Commune d’en tarifer l’entrée et d’autoriser [ou pas] toute autre utilisation du site“.

Selon cette interprétation maigrement étayée, que le Maire n’a pour le moment pas tenté de réfuter, la Chapelle Sainte-Radegonde ne serait donc plus un site touristique pouvant être mis ponctuellement à la disposition d’une association culturelle d’inspiration cultuelle, mais bel et bien un lieu de culte dont l’affectataire immémorial et permanent serait la paroisse, qui déciderait de son usage et permettrait ainsi, ou pas, aux Collectivités de l’inclure dans un parcours touristique et d’en faire payer l’entrée.

Devant l’absence de réaction des autorités, décidément bien molles du genou quand il s’agit de laïcité, les prêtres de la paroisse, comme c’est de bonne guerre et fidèles à leur réputation de “commando en soutane“**, ont pris possession des lieux pour y célébrer une messe le dimanche 6 octobre.

* “Le Secret de la source” : un jeu d’énigmes et d’évasion en équipe dont le but est d’aider “Saint Jean l’Ermite, atteint d’une mystérieuse cécité et que seule l’eau de la source bénie pourra sauver…
** Voir article du Monde Magazine : “La communauté Saint-Martin, un commando en soutane“, 7 février 2014.