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20 août 2018

Billet
Mauvais perdant


Alors que le projet Brèche-Cœur de Ville a été définitivement enterré et la convention d’aménagement liant la ville à la SET officiellement résiliée, la Mairie réécrit l’histoire et avertit les opposants.

Dans le bulletin municipal Chinon-infos de décembre, en dernière page, dans la rubrique Expression libre, Jean-Luc Dupont, sous le titre exalté ” Un souffle nouveau pour Chinon “, revient sur l’arrêt du projet Brèche-Cœur de Ville et sur la fin de la convention liant la ville à la SET.

Toutes tendances politiques confondues, les bulletins municipaux (qui sont au journalisme ce que la musique militaire est à la musique) ne sont pas réputés pour leur objectivité, et celui de la mairie de Chinon ne fait pas exception à la règle.

Le maire écrit : ” [le projet de la Brèche] aura connu des débats enflammés entre ses défenseurs et ses opposants. Opposants qui devront s’acquitter des règlements des dommages et intérêts suite aux deux recours engagés […] “.

Faux car incomplet :  non pas ” ses opposants ” mais une partie seulement d’entre eux. Ce sont en effet deux associations et trois élus  qui ont choisi la voie judiciaire et qui devront s’acquitter. Qui plus est, leurs recours portaient exclusivement sur la validité de la convention d’aménagement passée avec la SET  et ne touchaient pas aux nombreuses autres questions soulevées par le projet lui-même.

Plus loin, à propos du projet de médiathèque aux Courances, dont le permis de construire avait été  contesté  : ” la riveraine plaignante s’est vue (sic) également débouter et condamner à verser à la ville de Chinon 1.000 € pour avoir contesté le permis de construire. “.

Forcément faux, car incomplet : la Justice condamne le cas échéant pour recours abusif, et non pour le seul fait de contester.

Le mensonge par approximation est un art vieux comme le monde, une technique de vieille politique. S’appuyer sur la vérité des faits en les falsifiant par l’oubli de quelques mots est une méthode de Menteur Masqué.

Par la tournure de ses phrases, qui se voudrait habile, le maire laisse entendre que les opposants à ses projets avaient fondamentalement tort, car la Justice a été rendue ainsi. Sauf que le tribunal administratif a naturellement jugé les recours sur la forme et non pas sur le fond.

Et d’ailleurs, ces deux projets portés par le maire, Brèche-Cœur de Ville et la médiathèque des Courances, n’ont-ils pas dû être abandonnés ? Pas à cause des recours, mais parce qu’ils ont été élaborés en petit comité, sans réelle consultation de la population et sans que, manifestement, tous les aspects techniques et financiers aient été suffisamment anticipés, étudiés, réfléchis et débattus.

Autrement dit : indépendamment des décisions du Tribunal, deux importants projets sont abandonnés, mis à terre par une élaboration déficiente et par le principe de réalité. Le réel a donc donné raison aux opposants.

Monsieur Dupont serait-il mauvais perdant ?

Ça se pourrait bien, car le pire de son ” Expression libre ” est peut-être ailleurs, dans la menace vipérine qui sous-tend le récit : opposez-vous à moi et vous serez condamnés, contestez mes décisions ou mes actes, et vous paierez. Le maire montre les dents et se lance dans l’intimidation.

La conclusion en deviendrait presque savoureuse : ” C’est donc dans un contexte apaisé que nous clôturons l’année 2017… “. Un sourire doucereux succède aux canines exhibées. Apaisement du ring après le coup bas des approximations et des menaces.

Et demain ? Les nouvelles modalités du stationnement à Chinon, le transfert du projet de médiathèque (devenue entretemps une bibliothèque) rue Paul Huet, les soucis de certains riverains du coteau Sainte-Radegonde : autant de dossiers dont la concertation, la réflexion commune, sont minimales sinon absentes. Autant dire que certaines conditions d’échec sont à nouveau réunies.

Dans un an, au bout d’une année 2018 ” apaisée “, le maire continuera-t-il de lever victorieusement les bras dans la défaite ?