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23 avril 2018

Brèche – Qui va ramasser l’addition ?


mairie

La Mairie ne se résout pas à rompre la convention d’aménagement signée entre la SET et ses prédécesseurs. Elle tente juste de réduire le “reste à charge”, quitte à présenter un projet en trompe-l’oeil.

La précédente Municipalité a laissé derrière elle un projet à moitié inachevé dont il ne reste que l’ascenseur. Prévue pour débuter en 2014, la seconde tranche (logements + stationnements) n’a jamais vu le jour, alternance politique oblige. Depuis, la nouvelle Municipalité, refusant de rompre purement et simplement avec le passé, a tenté d’aménager l’héritage avec un seul objectif : “réduire le reste à charge”. Quitte à faire appel aux illusions d’optique ?

La différence entre le projet Brèche de Jean-Pierre Duvergne et le projet Brèche de Jean-Luc Dupont ? Le second a demandé à la SET de greffer sur le bébé une “pompe à phynances”  destinée à réduire le “reste à charge” de la collectivité. Cette pompe, c’est la privatisation du stationnement et la construction d’un parking de 5 étages en surface.

La difficile estimation du “reste à charge”
Officiellement, ce monstrueux greffon fait passer la participation de la Ville de 2.297.000 (Brèche-Duvergne) à 925.000 euros (HT) (Brèche-Dupont). Mais les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles y paraissent, et les Chinonais ont déjà payé pour le savoir. Pour que l’opération ne coûte “que” 925.000 euros à la Ville, il faut trouver un preneur qui construise le parking, vendre à un promoteur les logements, et à des “porteurs de projet” les commerces qui complètent le programme. Car si le projet est engagé et que le compte n’y est pas, ce n’est pas la SET qui trinquera, ce seront les finances de la Ville. Peut-être pas sur les premiers exercices – ceux qui resteront à courir sur le mandat en cours – mais ensuite, quand l’aménageur, rendant compte de l’opération, commencera à expliquer à la Mairie – peut-être plus la même, d’ailleurs – que, les résultats n’étant pas à la hauteur des prévisions, l’opération nécessite une “subvention d’équilibre” (article 19) ou fasse jouer notre “garantie emprunteur” (article 20). Le risque n’est pas hypothétique : dans le cadre de l’opération précédente, la SET a  été pointée du doigt par la Chambre régionale des comptes pour “surévaluation des ventes conduisant à une participation accrue de la collectivité“.

3 opérations viendront alourdir
sournoisement le “reste à charge” :
la délégation du stationnement en surface,
l’achat de la nouvelle crèche
et celui des salles associatives.

Trois opérations dont on ne parle pas…
Enfin, trois opérations – pour le moment non chiffrées et soigneusement considérées comme étrangères à la Brèche – viendront alourdir le fameux “reste à charge” des Chinonais : la délégation du stationnement en surface, l’achat de la nouvelle crèche (qui devrait remplacer celle d’Hofheim, qui doit être démolie lors de l’aménagement) et l’achat des salles associatives que la Mairie a demandé à la SET d’inclure dans le projet.

Pour le stationnement en surface, il s’agit d’une condition sine qua non, aucun opérateur n’acceptant de prendre le stationnement “en ouvrage” – toujours déficitaire – sans prendre en même temps le stationnement en surface – toujours bénéficiaire. Si la Mairie veut se faire payer un parking “en ouvrage“, elle doit donc déléguer ses prérogatives en matière de stationnement “en surface“. Pour des raisons de commodité, l’affaire est souvent bouclée dans une seule et même délégation de service public calée sur la durée d’amortissement de l’ouvrage. Pour la ville de Chinon, c’est se priver pendant 20 ans des recettes du stationnement payant sur voirie (2 millions d’euros), et pour les Chinonais la perspective d’une fiscalité indirecte supplémentaire, sous forme d’une extension du domaine payant, d’une augmentation des tarifs et d’une intensification de la verbalisation.

Pour ce qui est de la nouvelle crèche, qu’il faudra bien acheter à l’aménageur, elle n’apparaît pas, pour le moment, dans le “reste à charge” et le montant de son acquisition n’a pas été divulgué. Il pourrait être de l’ordre de 500.000 euros, mais la Mairie se retranchera sans doute derrière le fait qu’il s’agit d’un équipement intercommunal et que les Chinonais n’y participeront que de manière mutualisée. Pour les salles associatives, par contre, c’est bien la Ville qui devra les acquérir, à un prix qu’il n’a pas été communiqué. Pour le moment, la Mairie le “neutralise” – un terme énormément utilisé dans le projet Coeur de Ville – en indiquant qu’il sera financé par la vente de l’actuelle maison des associations à un “investisseur“.

… et des coûts collatéraux non budgétés
A mesure que le projet évolue, les Chinonais découvrent en outre des aménagements non prévus initialement et qui viendront grever le budget de l’opération. Aucune solution n’a pour le moment été trouvée pour compenser les 86 places du parking de la Brèche rendues indisponibles par les travaux. Mais la mise en place du parking temporaire évoqué par la Mairie (un temps sur les berges de Vienne) ne saurait se faire sans des travaux et un budget conséquents. On a aussi appris récemment que l’opération serait l’occasion de “pacifier” la place du général De Gaulle en ouvrant l’allée centrale à la circulation et en y supprimant les stationnements. Nouvelles études et nouveaux travaux en perspective. Nouveau budget sur lequel la Mairie ne souffle mot.

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