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19 septembre 2018

Urbanisme rampant ou débat public ?


blanc carroi

Au total, la zone du Blanc Carroi offre 1.507 places de parking gratuit et illimité. Trois emplacements restent à y lotir. Gamm Vert et Copac doivent y regrouper prochainement leurs activités.

Revitaliser le centre-ville, c’est d’abord pouvoir y loger de nouveaux habitants dans de bonnes conditions de confort. Un premier choix s’impose alors : réhabiliter l’ancien (comme cela a été fait dans les années 70 et 80 sous couvert de la loi Malraux), ou bien miser sur des programmes neufs. Tous les dosages entre les deux solutions étant possibles, il serait sans doute intéressant d’en débattre dans le cadre d’un véritable projet de ville.

La Municipalité semble avoir fait une croix sur le potentiel que représente le logement ancien dans le Vieux Chinon. Selon les édiles, un gros effort a été fait dans les décennies qui ont suivi la loi Malraux et aujourd’hui, les bâtiments qui resteraient à réhabiliter constituent vraiment ” le fond du panier “. Il s’agirait souvent de propriétés bloquées par des problèmes de succession et la Mairie n’aurait que peu de pouvoir face à ces situations. Même en cas de péril, le Maire, s’il met la succession en demeure, ne va pas jusqu’à entreprendre les travaux aux frais de la commune en attendant de les répercuter sur la succession au moment de son dénouement.

Moyennant quoi, demeures historiques en péril et îlots insalubres continuent l’alterner, dans le Vieux Chinon, à la grande surprise des visiteurs, avec des bâtiments et des maisons particulières ayant fait l’objet de restaurations magnifiques. Les précédentes municipalités auraient donc fait le travail facile en rénovant les bâtiments de prestige et les maisons des propriétaires les plus accessibles et les plus fortunés. Aux édiles de 2016 ne resteraient que les casse-têtes, les propriétaires insolvables, les successions inextricables et le fatalisme de la décrépitude.

La relance ne pourrait alors se concevoir que dans du neuf, du fonctionnel. Bref, le destin de l’ancien, c’est d’être démoli et remplacé par du neuf (projet Hofheim-Brèche). Et quand la Municipalité se retrouve propriétaire d’un bâtiment qui nécessiterait d’être restauré (comme la Maison des associations) pour continuer à remplir son rôle, la politique de la Ville est de le céder au privé qui se chargera de la remettre en état et d’en tirer profit en le fractionnant. On en vient presque — et c’est dire — à regretter les années 70 !

Mitage et entrées de ville
La Mairie est beaucoup plus entreprenante quand il s’agit d’accompagner le mitage de la campagne environnante et de défigurer les entrées de ville en y laissant s’installer des lotissements plus hideux les uns que les autres.

Au nord, sur la route de Huismes, le lotissement des Jardins de Jeanne propose déjà 64 emplacements —développés en trois tranches — qui viennent buter, par l’arrière, sur le nouvel Aldi (tout un programme !). Il y a fort à parier qu’une enclave du même tonneau s’étendra bientôt vers le nord-est pour rejoindre le rond-point du Blanc Carroi.

Au sud, heureusement que le plan de prévention du risque inondation protège les abords immédiats de Chinon en imposant un quasi no man’s land de 1.5 km entre le faubourg Saint-Jacques et le rond-point Saint-Lazare. Mais dès le péril de Vienne écarté, sur la route de Marcay, ” on trouve du foncier ” (comme on dirait ” on trouve de l’or “), et le promoteur s’en donne à cœur joie.

Aujourd’hui, une pharmacie et une boulangerie ont anticipé le développement urbain en sud Vienne ; demain un SuperU, agrandi et accessoirisé d’une nouvelle galerie marchande, une boucherie et de nouveaux commerces, finiront de capturer la clientèle des lotissements en les coupant de la vie du centre-ville.

Je développe en douce…
Cet urbanisme rampant mériterait qu’on pose a minima, en débat public, quelques questions de fond. Quel débat citoyen pour ce développement urbain ? Quelle analyse des retombées à moyen et long terme pour la qualité de vie, l’environnement, les transports, le commerce, les équipements, les finances publiques ? Peut-on en même temps développer des surfaces commerciales offrant du stationnement gratuit en périphérie et plaider, pour le centre-ville, la revitalisation par le stationnement payant ? Quelles leçons peut-on tirer du bilan des communes ayant suivi ce schéma de développement ? Surtout : quelle transparence, quelle planification, quel rôle régulateur la collectivité doit-elle jouer dans ces opérations foncières et immobilières ?

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