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17 août 2019

Quels nouveaux rôles pour le centre-ville ?


Selon la Mairie, il y aurait actuellement une quarantaine de commerces vacants dans le Vieux Chinon. Il y en a, en fait, beaucoup plus si l’on inclut le faubourg et les rez-de-chaussée à vocation commerciale qui ont été progressivement réassignés à usage d’habitation, tout en conservant les stigmates (devanture, enseigne) de leur destination première (et qui contribuent, de ce fait, à la sensation de déshérence). Les motifs de ces vacances ? Selon les édiles, un tiers des pas-de-portes serait trop cher à la location, un tiers serait insalubre ou inadapté, et le dernier tiers serait bloqué pour cause de successions en souffrance.

Le cache-misère des occupations saisonnières
Face à cette situation qui déprime les Chinonais et déroute leurs visiteurs, la politique de la Mairie consiste essentiellement, depuis 2014, à encourager l’occupation saisonnière des pas-de-portes vacants par des artisans d’art, en baux précaires, de mai à octobre. La Municipalité met la main à la poche et verse ainsi 2 euros / m2 / mois pour couvrir le loyer (l’opération a coûté 7.500 euros l’année dernière).

La manœuvre pilotée par la Mairie poursuit un double objectif : à court terme, « cacher la misère « pendant la saison ; à moyen terme, sédentariser certains des artisans. Les édiles font état dans leur bilan de quatre « sédentarisations « réussies. Le programme est reconduit pour la saison 2016 et 18 propriétaires auraient donné leur accord. Côté artisans, les candidatures seraient suffisantes pour occuper les espaces correspondants.

Au-delà de cette intervention cosmétique, la Municipalité renvoit la balle dans le camp des bailleurs, certes déraisonnables quant aux loyers qu’ils demandent, certes vélléitaires quant à la mise aux normes, mais au final souverains quant à la gestion de leurs propriétés.

Une municipalité interventionniste
En réalité, pour la Mairie (et pour la SET, la ” fabrique d’alliances urbaines ” qui la conseille en matière d’urbanisme) la relance du commerce du Vieux Chinon ne peut se concevoir que dans du neuf et avec ” des locomotives “. D’où l’idée de construire de nouvelles surfaces commerciales dans le projet Brèche-Cœur de Ville. Contrairement aux boutiques ” vétustes, pas aux normes, étroites et inadaptées ” dont a hérité le Vieux Chinon, la Mairie et la SET proposent à la vente 7 nouvelles boutiques (447 m2 au total) et un restaurant panoramique de 433 m2.

Tout en étant issue d’un parti libéral, la Municipalité fait d’ailleurs preuve, sur ce sujet, d’un dirigisme paradoxal. Sur le site de la SET, on découvre que la Mairie ” souhaite participer à la dynamique de son espace commerçant ” et son appel à candidatures flèche les surfaces sur un mode assez directif : fromager, primeurs, café-expo, loisirs créatifs, restaurant étoilé. A l’épreuve des faits, le discours est devenu plus flou : le restaurant étoilé pourrait laisser la place à des logements. Les ” cellules commerciales ” donnant sur la place Hofheim pourraient aussi être fractionnées, ou réorientées vers des activités de service, notamment vers le médical, ce qui modifie d’ailleurs totalement l’argumentation inititiale du projet Brèche-Cœur de Ville.

Des Chinonais divisés
Il faut dire que les Chinonais n’aident pas leur Maire à établir une stratégie : certains l’arrêtent dans la rue pour se lamenter sur la disparition des commerces traditionnels et lui récitent la litanie des enseignes défuntes. Ceux-là (oubliant souvent qu’ils fréquentent assidûment Adli, Leclerc ou Super U) souhaitent que renaisse en centre-ville le commerce des années 80 : la mercerie, l’épicerie, le poissonnier, le fromager, le quincaillier, le marchand de parapluies. D’autres alpaguent les édiles pour leur parler d’une nouvelle offre commerciale destinée à une clientèle de résidents secondaires et de touristes aisés, attirés par les nombreux atouts de la ville et par une politique culturelle ambitieuse qui reste entièrement à développer. Ce à quoi les premiers répondent ” on en fait déjà trop pour les touristes, et pas assez pour les Chinonais ! “, comme si l’un et l’autre étaient incompatibles, opposés et irréconciliables.

Grandes surfaces expansionnistes
Entre-temps, Chinon reste entre deux eaux et entre deux centres commerciaux : au nord, autour d’un Leclerc qui s’agrandit discrètement (+1.200 m2 sur son flanc ouest, dit-on) le Blanc Carroi, où quelques ” cellules ” (la dénomination fait rêver !) restent encore à lotir, dont une devrait bientôt recevoir l’hybride né des difficultés de Copac et de Gamm vert. Au sud, le SuperU, qui ne rêve que d’expansion et lorgne des terrains sur la route de Saumur, où il pourrait se la jouer ” hyper ” en s’entourant, lui aussi, d’une galerie commerciale destinée à augmenter son attractivité.

En laissant derrière lui, comme l’a fait sans scrupule son concurrent d’outre-Vienne, la friche commerciale qui décore, telle une crotte aux dimensions d’un bunker, la route de Tours ?

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